Axe 2 - Agricultures, inégalités, sociétés : Objectifs et porteur

Porteur de l’axe : Camille Hochedez

Les recherches de cet axe envisagent l’agriculture dans un champ de réflexion plus vaste sur l’alimentation et la gouvernance alimentaire. Elles visent à éclairer toutes les dimensions des systèmes alimentaires et de leurs liens aux territoires, quelle que soit leur échelle. Cette thématique est abordée selon deux orientations principales.

– les liens renouvelés entre agriculture et sociétés : recherches sur le développement des circuits-courts alimentaires, sur la structuration des systèmes alimentaires locaux ( production, consommation, transformation, commercialisation), élaboration d’une typologie des modèles d’agriculture de proximité, des liens entre gouvernance alimentaire et développement local ;

– les liens entre précarité et agriculture : place des migrants internationaux dans les réseaux d’agriculture de proximité, inégalités d’accès à une alimentation de qualité (notion d’injustice alimentaire).

Struturation

1. Les liens renouvelés entre agriculture et sociétés

1.1. l’étude des SALT (Systèmes ALimentaires Territorialisés) en milieu rural ou périurbain.

Les recherches portent sur le développement et la structuration des circuits courts à l’échelle locale et régionale, exprimant un lien renouvelé entre agriculture et société. Il s’agit de réfléchir à l’existence d’un modèle d’agriculture de proximité, et à son applicabilité dans des contextes non-urbains ou non-métropolitains. En effet, l’originalité des recherches du laboratoire sur la thématique des circuits courts réside dans le contexte géographique d’étude, à savoir un contexte de petite ville voire de rural de faible densité, alors que traditionnellement, les études sur les circuits courts sont davantage menées dans un contexte urbain, voire métropolitain. Par exemple, dans le cadre du CPER 2015-2020, les chercheurs interrogent la pertinence de nouveaux dispositifs comme le « Système Alimentaire Local Territorialisé du Montmorillonnais », son éventuelle reproductibilité, les modes de fédération des acteurs locaux autour d’un objectif de structuration des circuits courts, en particulier dans la restauration collective.

1.2 le développement de nouvelles formes de gouvernances alimentaires et les processus de développement territorial qui leur sont liées, dans différents contextes territoriaux (métropolitains, urbains, ruraux).

Par exemple, dans le cadre du programme PSDR 4 FRUGAL (2015- 2019), les chercheurs questionnent, par différentes entrées (flux alimentaires et réseaux, formes spatiales et foncières, gouvernance alimentaire), les conditions d’une autonomie alimentaire des villes, dans le but d’éclairer la décision politique et l’action publique (accompagnement de la mise en place du PAT du Grand Poitiers). Cela amène à étudier plusieurs objets jouant un rôle dans l’autonomie : approvisionnement local en restauration collective, aide alimentaire relocalisée, approvisionnement par les jardins collectifs et privés,…

2. les liens entre précarité et agriculture

2.1. les inégalités dans les conditions de production agricole.

C’est tout d’abord par la question spécifique de la présence des migrants internationaux au sein des systèmes productifs agricoles que des situations d’inégalité voire de précarité sont révélées. Cette entrée semble aujourd’hui importante pour analyser les enjeux contemporains de plus en plus vifs liés à l’exclusion et la justice sociale qui y sont associés. Par exemple, un travail de recherche en cours dans deux villes suédoises (Göteborg et Malmö) porte sur les populations immigrées pratiquant l’agriculture urbaine et alimentant un commerce communautaire. Cela participe à une réflexion sur les liens agriculture/migration au prisme de la précarité (foncière, socio-économique, etc). Le travail mené dans le cadre de l’ANR CAMIGRI (2017-2020) envisage le rôle des migrants dans les reconfigurations des systèmes productifs agricoles du Sud-Ouest français (innovations agro-alimentaires dans un contexte rural, transition vers des systèmes agricoles durables, précarisation sociale de la main-d’œuvre étrangère, etc). Ensuite, l’accès aux ressources foncières, à travers la thématique de l’installation agricole dans différents contextes territoriaux, questionne aussi les inégalités d’accès aux ressources productives, ainsi que le rôle des politiques publiques dans le soutien à certaines formes d’installation.

2.2 les recherches sur les inégalités d’accès à une alimentation de qualité et aux ressources agricoles proches, envisagées sous l’angle des injustices alimentaires.

Par exemple, l’étude de la mise en place des SALT dans des territoires ruraux de marge (Sud Vienne) interroge la notion d’équité et les processus de développement territorial naissant de projets alimentaires. D’autres travaux abordent les injustices alimentaires sous l’angle de l’aide alimentaire, ou encore de l’accès à une alimentation culturellement appropriée dans un contexte migratoire.