SEMINAIRE PLURI-ANNUEL « ADAPTATION DES TERRITOIRES » 2014-2015

Le laboratoire RURALITES organise un séminaire pluri-annuel sur le thème de l’« Adaptation des territoires » pour l’année universitaire 2014-2015.

En s’appuyant sur les recherches menées au sein du laboratoire, en particulier dans le cadre de l’axe 2 « Environnement, sociétés et risques » et de l’axe 4 « Démarches et méthodes du diagnostic territorial », ce séminaire a pour objectif de discuter et de critiquer la notion d’adaptation, à travers sa déclinaison en plusieurs thématiques : adaptation des territoires à la crise environnementale, au changement climatique, à la crise agro-alimentaire, marge de manœuvre des politiques publiques dans la mutation des territoires. Dans ce contexte de crise, s’agit-il d’adapter, d’anticiper ou de construire les territoires ? Les séances du séminaire visent à éclairer la dialectique entre la notion d’adaptation des territoires, qui sous-tend un processus subi, et celle de construction des territoires, qui sous-tend une démarche volontaire de changement impulsée par une action collective ou publique. La dimension temporelle tient une place centrale dans la réflexion, en particulier la prise en compte des différentes temporalités par les politiques publiques d’adaptation des territoires.

Calendrier des séances

Les séances ont lieu à la MSHS de l’Université de Poitiers, un jeudi après-midi tous les deux mois. Sauf exception, elles sont ouvertes à tous. Chaque séance est introduite et organisée en binôme par un doctorant travaillant sur la thématique de la demi-journée, et un chercheur confirmé du laboratoire.

Séance 1 – 6 juin 2014 : introduction théorique du séminaire. Les temps en géographie.

(séance réservée aux membres du laboratoire)

Coordination de séance : Camille Hochedez

L’adaptation des territoires implique nécessairement un changement, une mutation, bref de recourir aux notions de temps et de temporalités du changement. Cette première séance a pour objectif d’asseoir les concepts théoriques mobilisés par les thématiques spécifiques des séances suivantes. Elle a pris la forme d’une discussion et d’une réflexion collectives à partir de lectures d’articles et d’ouvrages sur les liens entre temps et espace, sur le changement spatial, sur la notion de justice spatiale/environnementale/alimentaire, sur le changement climatique…

Séance 2 – 2 octobre 2014 : l’adaptation des territoires au changement climatique : enjeux, démarche, postures des acteurs et expériences

Coordination de séance : Mohamed Taabni et Emilie Richard

La séance a questionné l’adaptation au changement climatique comme enjeu territorial et comme enjeu de l’action publique/collective. Elle a permis de s’interroger sur les processus de construction de l’adaptation : quel est le rôle des enjeux économiques ? Quels sont les référentiels de l’adaptation, les modèles de développement promus ? Quelles sont les échéances prévues pour parvenir au changement ? Comment se positionnent les acteurs, qu’ils soient professionnels (agriculteurs, marins-pêcheurs, professionnels du tourisme) ou habitants (urbains, périurbains, ruraux) ? Quels conflits l’adaptation peut-elle provoquer en termes de changements de pratiques que le processus suppose ?

Intervenants :

– Mohamed TAABNI, Maître de conférences (Université de Poitiers – EA RURALITES) : introduction

– Pierre-Olivier GARCIA, doctorant en géographie (Université Joseph Fourier Grenoble – UMR PACTE)

– Emilie RICHARD, doctorante en géographie (Université de Poitiers – EA RURALITES) : « Prendre en compte la morphologie urbaine dans les stratégies d’adaptation au changement climatique : exemple appliqué à l’agglomération de Poitiers »

– Frédéric LEVRAULT (Chambre d’Agriculture de la Vienne) : « la place de l’agriculture dans les dynamiques d’adaptation au changement climatique des territoires »

Pour voir le descriptif détaillé de la séance: JE_ADAPTATION_2_OCTOBRE_2014

Séance 3 – 27 novembre 2014 : la pluralité des temps dans les territoires

Coordination de séance : Dominique Royoux

L’articulation des temps courts et des temps longs des territoires sera envisagée dans cette séance à travers deux approches :

– une approche systémique, à partir d’une réflexion sur la trajectoire des territoires, en faisant le lien entre l’adaptation et la résilience des systèmes territoriaux ;

– une approche prospective, en analysant l’adaptation des territoires urbains aux différentes temporalités. L’approche par les politiques publiques locales sera privilégiée.

 Intervenants

– Dominique ROYOUX, professeur associé (Université de Poitiers – EA RURALITES)

– Chris BEYER, docteur en géographie (Université de Poitiers – EA RURALITES)

– Sandra MALLET, maître de conférences (Université de Reims Champagne-Ardenne – IATEUR)

– Christine ROUX-NOUGAYREDE, enseignante (chercheure associée au laboratoire RURALITES)

La journée se déroule de 13h à 17h en salle de conférences, Maison des Sciences de l’Homme et la Société, à Poitiers.

Séance 4 – 26 février 2015 : les alternatives agro-alimentaires face à la crise

Coordination de séance: Camille Hochedez

Dans un contexte de crise du secteur agro-alimentaire (problème des prix des denrées agricoles, insécurité alimentaire, crise du métier d’agriculteur), la séance vise à présenter des initiatives ou nouveaux modèles de développement agricole, et à interroger leur capacité à se généraliser à l’ensemble des territoires, en mobilisant plus particulièrement la notion de justice alimentaire. Des initiatives agro-alimentaires telles que les AMAP ou l’agriculture biologique sont-elles une forme d’adaptation à la crise en proposant des alternatives au système dominant, un refus de s’adapter aux normes dominantes, ou une forme de résistance ? L’approche interdisciplinaire sera privilégiée, en conviant parmi les intervenants des géographes mais aussi une agronome et un sociologue.

Intervenants :

– Camille HOCHEDEZ (EA RURALITES -Université de Poitiers) : introduction de la séance

– Fabrice RIPOLL (EA 3482 Lab’Urba – Université Paris Est-Créteil-Val-de-Marne) : « Les AMAP, adaptation ou alternative à la crise agro-alimentaire ?  »

– Marie-France GARCIA-PARPET (chargée de recherches en sociologie, INRA Paris) : « les nouvelles viticultures françaises »

– Benoît LEROUX (GRESCO- Université de Poitiers) : « Les agriculteurs biologiques et l’alternative. Contribution à l’anthropologie politique d’un monde paysan en devenir »

La journée se déroule de 13h30 à 17h salle Mélusine, Maison des Sciences de l’Homme et la Société, à Poitiers.

Contact : camille.hochedez@univ-poitiers.fr

Séance 5 – 20 mars 2015 :  la restauration écologique et l’adaptation des territoires

Coordination de séance: Régis Barraud

Rappel sur le contexte du séminaire

La journée d’étude « Restauration écologique des cours d’eau et adaptation territoriale » s’inscrit dans deux actions complémentaires :

1-dans le cycle du séminaire du laboratoire RURALITES sur la thématique de l’adaptation des territoires piloté par Camille Hochedez (MCF, Université de Poitiers, Ruralités). Ce cycle de séminaire transversal aux axes de recherche du laboratoire permettra de discuter et de critiquer la notion d’adaptation, en particulier la marge de manœuvre des politiques publiques dans la mutation des territoires : s’agit-il d’adapter, d’anticiper ou de construire ? Les séances du séminaire éclaireront la dialectique entre la notion d’adaptation des territoires, qui sous-tend un processus subi, et celle de construction des territoires, qui sous-tend une démarche volontaire de changement impulsée par une action collective ou publique. Informations complémentaires sur le laboratoire et son projet scientifique et le séminaire « adaptation des territoires ».

2-Cette journée contribuera également à l’animation scientifique du programme ANR REPPAVAL (2012-2015), coordonné par Régis Barraud (MCF, Université de Poitiers, Ruralités) et Marie-Anne Germaine (MCF, Université de Paris Ouest Nanterre, UMR Lavue). L’ANR JC REPPAVAL – « Représentations de la nature et des paysages dans les petites vallées de l’ouest de la France face aux projets de restauration écologique » a pour objet l’analyse des enjeux socio-spatiaux liés à la mise en œuvre des politiques publiques de restauration écologique des cours d’eau. Il s’inscrit dans le cadre de l’évolution récente du contexte réglementaire (Directive-cadre sur l’eau, Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques, Grenelle de l’environnement). La multiplication des projets de « renaturation » de rivières, qu’ils se traduisent par des opérations de désaménagement d’ouvrages ou par la volonté de maintenir des paysages « sauvages » dans les fonds de vallées, soulève en effet des questions sur les représentations des paysages de vallées et sur la demande sociale associée à ces espaces tant d’un point de vue fondamental qu’opérationnel. Par ailleurs, ancré dans le contexte d’élargissement de la prise en compte des problèmes d’environnement à l’ensemble des territoires ordinaires, ce projet propose de partir du cas des rivières de petites dimensions (ordre ≤ 6 selon la classification de Strahler). C’est à partir des petites vallées de l’Ouest de la France, reconnues comme un élément fondamental des paysages du quotidien, que la réflexion est menée. Ces paysages fluviaux ordinaires, encore relativement peu étudiés, renvoient à de « petits systèmes ». Leur taille modeste constitue une opportunité pour la mise en place d’une approche intégrée et comparative permettant de saisir leurs mécanismes de fonctionnement dans leur intégralité comme en attestent plusieurs expériences de recherche auxquelles ont activement participé les membres impliqués dans ce projet. À travers l’étude des relations entretenus par les différents groupes d’acteurs locaux à ces paysages, ce programme a pour objectif (1) de proposer des diagnostics complémentaires aux approches environnementales permettant de réintégrer les dimensions sociale et temporelle dans les projets de gestion et (2) de contribuer d’un point de vue plus fondamental à la réflexion sur l’évolution des représentations et de la demande sociale en matière de nature et de paysage. Informations complémentaires sur le programme REPPAVAL : http://reppaval.hypotheses.org

L’objet du séminaire : la restauration écologique et l’adaptation des territoires

La restauration écologique (RE) constitue une entreprise holistique, une activité intentionnelle (Pandey, 2002 ; Clewell et Aronson, 2010) qui mobilise un ensemble de connaissances scientifiques, mais également les savoirs locaux, dans le but d’initier ou d’accélérer « l’autoréparation d’un écosystème en respectant sa santé, son intégrité et sa gestion durable. La plupart du temps, l’écosystème qui a besoin d’être restauré a été dégradé, endommagé, transformé ou entièrement détruit, résultat direct de l’activité humaine… » (SER, 2004). Désormais, en s’éloignant de l’idée simpliste d’un retour à un état antérieur, la restauration porte davantage sur des processus jugés fonctionnels et aptes à produire des évolutions souhaitables ou à se prémunir, au contraire, de changements non favorables à la santé des écosystèmes, à leur capacité évolutive et non désirés par les sociétés. Dans ce cadre, l’ingénierie écologique contribue à une stratégie globale de pilotage des trajectoires de la biodiversité (Blandin, 2009). C’est pourquoi, de fait, la RE est une activité qui dépasse l’expertise écologique et qui comporte des dimensions sociales, politiques et éthiques indéniables (Blandin, ibid. p. 70-71 ; Larrère, 2014).

La restauration écologique est devenue un moyen pour atteindre des résultats en matière de politique publique de l’environnement, c’est en particulier le cas avec la Directive Cadre Européenne sur l’eau (2000) et les stratégies nationales de restauration de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques. L’intégration opérationnelle de la RE des cours d’eau est récente et évolutive. Elle recouvre, lorsqu’elle est mise en œuvre par les acteurs locaux, des actions très diverses (Morandi et Piégay, 2011). Précisément, ce séminaire vise à éclairer la manière dont les acteurs locaux investissent ce domaine d’activité. La multiplication des opérations de RE participe à une forme d’écologisation des politiques publiques et elles mettent à l’épreuve l’adaptabilité des territoires. Nous nous intéresserons plus particulièrement aux actions qui induisent un / des changements significatifs de paysages, d’usages, de représentations sociales (reméandrage, arasement ou effacement d’ouvrage hydraulique transverses). Comment les acteurs locaux, engageant leur responsabilité collective, se saisissent-ils de ces opérations sur le plan de la gouvernance (concertation, participation, modes de délibération) ? Comment ces changements sont intégrés ou au contraire rejetés par les acteurs locaux ? La RE est-elle subie ou au contraire, les opérations d’ingénierie écologique qui en découlent contribuent-elles à la fabrique de nouvelles ressources territoriales ?

Intervenants

– Jean-Paul HAGHE (UMR PRODIG 8586 – CNRS) : La restauration écologique des cours d’eau au prisme des valeurs sociales. La construction d’une idéologie territoriale.

– Elise CATALON (ASCONIT Consultants) : Vers une recomposition des rapports entre sociétés et rivières : l’hydromorphologie et la restauration écologique des cours d’eau.

– Marie-Anne GERMAINE (UMR LAVUE 7278 – CNRS) et Laurent Lespez (LGP Meudon, UMR 8591 – CNRS) : Restauration écologique des rivières ordinaires : vers une reconfiguration des territoires?

Bibliographie indicative

Blandin P., 2009. De la protection de la nature au pilotage de la biodiversité, Versailles, Quae, 124 p.

Clewell A. F., Aronson J., 2010, La restauration écologique, Arles, Actes Sud, 340 p.

Morandi B., Piégay H., 2011. Les restaurations de rivière sur internet : premier bilan, Natures, Sciences, Sociétés, Vol. 19, n°3, p. 224-235.

Rey F., Gosselin F., Doré A. (coord.), 2014. Ingénierie écologique. Action par/ou pour le vivant ?, Versailles, Quae, 165 p.

Séance 6 – mai 2015 : construction ou adaptation des territoires touristiques ?

Coordination de séance: Antoine Delmas

Cette séance met à l’honneur la géographie du tourisme pour éclairer les changements dans les destinations. La concurrence entre les territoires, l’arrivée de nouveaux profils de visiteurs, ou encore le renouvellement du tourisme ont fait émerger de nouveaux modèles de développement touristique. Cette nouvelle donne contribue à diversifier l’offre de services, à distinguer de nouvelles stratégies marketing, à favoriser l’accueil de nouvelles clientèles, etc. De la place des acteurs dans le système touristique au marketing de destination, cette séance ambitionne de comprendre les stratégies d’adaptation des destinations. Quelles sont les principales mutations qui reflètent l’évolution contemporaine du tourisme ? Comment ces transformations participent-elles à construire spatialement les destinations touristiques ? Ces évolutions peuvent-elles devenir des axes de développement stratégique ?

Intervenants

– Nardjes GHERAIBIA (université de Poitiers, laboratoire RURALITES, EA 2252): La concertation et l’implication des habitants. Outils de développement touristique durable dans les villes moyennes.

– Phillipe VIOLIER (université d’Angers, UMR ESO – 6590): La campagne et le tourisme entre permanences et mutations.

– Gilles CAIRE (université de Poitiers, EA CRIEF  – 2249) : « Partir à tout prix ? ». La résistance du désir de vacances des Français face à la crise.

Résumés des interventions

Date : jeudi 21 mai 2015, 14h – 17h30

Lieu : Département de géographie, salle 12

Pour toute information complémentaire, contactez Camille Hochedez à l’adresse suivante : camille.hochedez@univ-poitiers.fr

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