Axe 4. DÉMARCHES ET MÉTHODES DU DIAGNOSTIC TERRITORIAL

Porteur de l’axe : Dominique Royoux

Chercheurs participants à l’axe :

Samuel ARLAUD, Serge BERNARD, Chris BEYER, Antoine DELMAS, Michel DESSE, Anne-Marie DUMAS, Amina FELLAH, Nardjes GHERAIBIA, Georges LEMOINE, Fabiola NICOLAS, Emilie RICHARD, Dominique ROYOUX, Koulnté SIMMALA, Rodolphe VOUHE, Aboubacry WADE.

En septembre 2008 a été ouvert au Département de Géographie un Diplôme d’Université sur les démarches et les méthodes du Diagnostic territorial, à la demande des administrations de l’Etat. A partir de septembre 2010 il fera l’objet d’un partenariat nouveau avec le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT). Ce diplôme est positionné au niveau Master 1 et est uniquement accessible en formation continue. Avec le Master Espaces, Sociétés, Environnement (spécialité Diagnostic socio-spatial, enjeux environnementaux et prospective territoriale), il est à l’origine d’une riche production de travaux d’étudiants (mémoires, rapports de travaux collectifs) qui développent des analyses concrètes mais aussi conceptuelles, (selon les exigences des formateurs), que l’on peut qualifier, pour les meilleurs, de véritables travaux de recherche.

Les réflexions menées lors des séminaires organisés au sein de ces masters sont en prise directe avec les réalités territoriales et s’inscrivent dans l’émergence d’importants besoins de recherche/formation sur le thème du diagnostic territorial de la part de l’ensemble des administrations de l’Etat et des collectivités territoriales (communautés de communes, communautés d’agglomération, Pays) qui ont à construire des analyses prospectives pour l’élaboration de projets de développement local.

Le contexte actuel de territorialisation des politiques publiques, leur diversification thématique (économie, patrimoine, culture, environnement, habitat, transports,…) et la réorganisation des différents niveaux de décision obligent à repositionner l’action publique et à prendre en compte différemment les territoires. Au cœur de ces nouvelles missions, il y a désormais la capacité à analyser les territoires dans toute leur complexité. Il est nécessaire de passer d’une vision sectorielle des territoires à une analyse systémique capable de montrer les interrelations des différentes composantes de la société et de l’espace (urbaines, rurales, environnementales, sociales, économiques,…) qui n’oublie pas de prendre en compte le temps long des territoires. Cette organisation en système d’un territoire impose également de comprendre les relations interterritoriales, les articulations d’échelles spatiales, dans un contexte d’européanisation des politiques et de mondialisation de l’économie qui renforce le rôle des acteurs exogènes dans les territoires. Au-delà des caractéristiques fonctionnelles des territoires, les agents des services de l’Etat et des collectivités territoriales doivent être capables d’analyser le jeu des différents acteurs et de comprendre les enjeux des politiques publiques.

Le laboratoire Ruralités a comme objectif dans cet axe de recherche de promouvoir un double lien : le lien entre des formations professionnalisantes et le monde de la recherche et le lien entre l’Université, particulièrement la recherche en sciences sociales, et les instances décisionnelles du territoire.

L’objectif scientifique de cet axe est triple :
– construire une grille renouvelée de questionnement d’analyse territoriale dans une optique d’un développement systémique et durable à plusieurs échelles.
– établir donc un référentiel économique, social, environnement, territorial de développement local durable.
– proposer de nouveaux indicateurs de développement du bien-être, qui interrogent, en complément des analyses déjà conduites sur ce thème, les indicateurs traditionnels de richesse.
D’une manière générale, les recherches s’intéressent particulièrement, à partir de l’observation des politiques publiques, aux notions de temporalités, de synchronisation temporelle des activités et des emplois du temps, d’articulation vie familiale/vie professionnelle.
Trois terrains de recherche constitueront des points d’appui à cet axe :

1) Certaines communautés littorales se sont engagées dans une dynamique de gestion intégrée des zones côtières (GIZC). Pourtant les démarches de GIZC, montrent le flou qui entoure ce concept, entre l’écodéveloppement, l’étude scientifique environnementale détachée de l’objectif de gestion et d’intégration des populations, et l’initiative locale qui initie une gestion intégrée de la zone côtière sans l’afficher et sans appartenir dans le cas français, au club fermé sélectionné par le Comité Interministériel de la Mer. Pourtant la GIZC est certainement la meilleure manière d’aborder la gestion littorale sur le long terme. Après de nombreuses années de recherche scientifique, les connaissances environnementales suffisent à comprendre le fonctionnement des écosystèmes à des fins de gestion. Les prochains projets devront donc porter davantage sur la mise en place de politiques publiques de gestion intégrée, sur la pédagogie et l’information, sur le changement des comportements des élus comme des particuliers. Cela nécessite peut-être d’envisager un autre mode de vie plus économe d’espace. Les retards dans l’application de la GIZC relève pour beaucoup, des élus qui la considère davantage comme une contrainte et non comme un moyen d’articuler les territoires, d’intégrer au projet les nouvelles populations du littoral. Nous développerons une approche comparative des méthodes de diagnostic utilisées, des modes de pilotage mis en œuvre et des implications territoriales.

2) La complexité des territoires, leur organisation systémique et les temporalités sont aussi analysées à travers l’étude des entreprises socialement responsables en Poitou–Charentes. Ces entreprises mettent en pratique l’idée d’un « produire autrement » qui se concrétise sous des formes aussi variées qu’originales, par des dynamiques de proximité, par la coopération et l’innovation technologique et / ou organisationnelle. Elles sont en même temps des intermédiaires nouveaux et proactifs dans la mise en relation des différentes composantes de la société et de l’espace : elles s’interrogent non seulement sur leurs impacts environnementaux, sociaux et sociétaux, mais encore s’investissent aussi en faveur du développement local, en particulier en milieu rural. Leur lien avec le territoire, les institutions et les organisations résiliaires est donc particulièrement fort, et entretient une forme spécifique de territorialisation, dans les contextes du développement durable et de la mondialisation (terrain pris en charge par une doctorante de Ruralités, Anne-Marie DUMAS).

3) Le programme de recherche Rural-Urbain (axe 1) permettra, par l’analyse des nombreuses mutations qu’il privilégie, d’établir une sorte de « diagnostic territorial des lieux interterritoriaux ».
Nicolas GAMACHE, Ingénieur d’Etudes à Ruralités, participera activement.
Deux points forts structurant la vie de cet axe pour la période 2012-2016 :
– la tenue d’un séminaire national sur « les défis du diagnostic territorial » en 2012, organisé par Ruralités, enrichi de contributions de collègues québécois de l’Université de Rimouski ;
– la perspective d’un ouvrage sur ce thème en 2012-2013 (Dominique ROYOUX, Samuel ARLAUD), orienté sur une typologie des schémas Espaces-Acteurs et des croquis de synthèse spatiale, enrichi des recherches d’Emmanuel ROUX (UMR Pacte Grenoble) sur les observatoires d’agglomération en France.

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