Axe 3. AGRICULTURES, SOCIÉTÉS ET TERRITOIRES

Porteurs de l’axe : Samuel Arlaud

Chercheurs participants à l’axe : Samuel ARLAUD, Frantz GENOT, Marie GROULT, Camille HOCHEDEZ, Yves JEAN, Farid BENHAMMOU, Daniel PEYRUSAUBES, Christine ROUX.

Entre mondialisation et régionalisation, une délocalisation de plus en plus fréquente des entreprises est à l’œuvre. Ce processus concerne également de plus en plus souvent les entreprises agro-industrielles même s’il touche de manière différente les filières alimentaires. Certains agriculteurs eux-mêmes n’hésitent plus à investir à l’étranger, particulièrement dans les pays d’Europe de l’Est. Les systèmes de production en subissent donc largement les conséquences.

Dans ce contexte qui met à mal les politiques agricoles élaborées aux différentes échelles (de l’Europe à la Région) et fait émerger de nouveaux enjeux et de nouveaux comportements, il est urgent de se poser la question de l’accroche territoriale des agricultures et des activités d’amont et d’aval, de ce qui fonde les territorialités de ce secteur de l’économie et de la société. Certaines formes d’agricultures se prévalent d’un rapport nouveau au territoire et à la société : agriculture biologique, durable, raisonnée, fermière, de haute qualité environnementale ou encore écologiquement intensive, agriculture périurbaine également qui pose les bases de relations plus étroites entre ruraux et citadins. Toutes se veulent une alternative durable à l’agriculture productiviste mais aucune ne semble véritablement en passe de devenir un nouveau modèle de production, si tant est qu’il puisse exister. La question centrale reste bien celle de la valeur ajoutée et de la difficulté à la maintenir à la fois sur le territoire et à l’échelle de l’exploitation, pour avoir des chances de générer de la durabilité dans le développement.

Des analyses doivent être développées sur les expériences qui permettent de garder une plus grande part de cette valeur ajoutée dans le local, à partir d’une approche pluridisciplinaire, géographique, économique, sociologique en tenant compte des enjeux environnementaux. Cela passe par l’analyse des mutations récentes des systèmes de production, des logiques de localisation de l’appareil agro-alimentaire, des réseaux existants, multiformes et concernant aussi bien les producteurs que les transformateurs ou les consommateurs. Ces réseaux ont une histoire, souvent construite sur la résistance à des processus dominants (c’est le cas en agriculture biologique). Peuvent-ils demain et doivent-ils servir de références ?
Cette structuration nouvelle du lien agriculture/société est un enjeu majeur qui dépasse le strict cadre de la production. Nous pouvons formuler l’hypothèse qu’il existe un gradient d’accroche territoriale, à la fois idéel et matériel, qu’il conviendrait d’aborder par trois entrées différentes : celle des agriculteurs, celle des entreprises de transformation et de commercialisation et celle des consommateurs. Quelles sont les territorialités des agriculteurs et des agricultures ? Quels sont les éléments endogènes et exogènes qui influent sur cette accroche territoriale ? Comment peuvent-ils être pris en compte par les différents acteurs ?

Ces questionnements s’insèrent dans une logique d’opérationnalité. Il y a là des enjeux politiques, notamment régionaux, et une véritable utilité sociale de cette approche, qui vont bien au-delà de la simple sphère agricole et rurale. La compréhension de ces phénomènes permettrait de choisir les critères d’action qui territorialisent et de faire glisser la réflexion du concept de filière, assez classique et très opérationnel d’un point de vue économique, au concept, plus pertinent socialement, de réseau agri-social, lui-même producteur d’une épaisseur territoiriale.
Les terrains de recherche concernant cet axe du laboratoire sont avant tout régionaux et porteront particulièrement sur les deux régions Poitou-Charentes et Limousin encore fortement rurales et agricoles et disposant d’une grande diversité des formes d’agricultures, parce qu’engagées toutes deux dans des politiques agricoles et rurales régionales différentes et enfin parce que regroupées d’un point de vue de la recherche universitaire dans le PRESCA (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur du Centre-Atlantique).

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