Axe 1. LES RELATIONS RURAL / URBAIN

Porteur de l’axe : Yves Jean

Chercheurs participants à l’axe : Samuel ARLAUD, Patrick GONIN, Camille HOCHEDEZ, Nicolas GAMACHE, Yves JEAN, Dominique ROYOUX, Aboubacry WADE

Le colloque « Rural-urbain : nouveaux liens, nouvelles frontières » a confirmé la nécessité de revisiter les catégories spatiales qui apparaissent aujourd’hui trop réductrices de la diversité géographique et sociale actuelle. Par sa nature même de concentration d’hommes, d’idées, de pouvoirs, de décisions, la ville et partant, la proximité de pôles urbains, est source de nouvelles relations entre villes et campagnes, dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud.
Les différenciations, les gradients sont analysés en abordant :

  • les mutations démographiques appréhendées sous l’angle de la circulation des habitants, de la diversité des mobilités, du multi-résidentialisme,… ;
  • les évolutions foncières et agricoles – innovations foncières, conflits d’usages, nouvelles filières courtes en relation avec la demande urbaine, évolution du droit et pratiques…- ;
  • les polarisations et dynamiques spatiales par l’étude plus particulière des mutations des fonctions des petites et moyennes villes. Dans un contexte ou la métropole s’affirme comme nouvelle catégorie spatiale et comme objet de la plupart des politiques publiques, le rôle des petites et moyennes villes mérite d’être repensé afin de ne pas délaisser une partie importante du territoire et de ses habitants. Sur la période récente, les politiques publiques prônent largement le soutien aux agglomérations de grande taille, que ce soit au travers des politiques de pôles de compétitivité ou via le soutien aux universités de grande taille, dont le rôle dans le processus d’innovation est essentiel. Pourtant, de nombreux travaux d’économistes, de géographes ou de sociologues montrent que certaines villes petites et moyennes tirent très bien leur épingle du jeu, sont des lieux d’innovation sociale, économique ;
  • les dynamiques économiques, la circulation des produits et les nouvelles relations entre l’urbain et le rural. La question de la localisation des services publics et leurs mutations seront plus particulièrement analysées en mobilisant les notions de proximité géographique et de proximité fonctionnelle;
  • les modes d’habiter et leur singularités dans des espaces périurbains et dans des espaces de faibles densités ;
  • les territoires de l’immatériel.

Ces six entrées thématiques des dynamiques territoriales permettent d’alimenter une grille d’analyse composée de cinq sujets dessinant une approche transversale des relations urbain/rural : (1) prospective et politiques publiques, (2) flux et circulation, (3) analyse spatiale et modes de représentations graphiques, (4) perceptions et représentations. Cette méthode vise à (5) réexaminer les catégories socio-spatiales rural / urbain.

Parmi les thématiques nouvelles envisagées, les questions culturelles avec, en particulier, les évolutions de l’étude des aires de loisir périurbaines, les fêtes locales, les fêtes à valeur patrimoniale qui participent à l’analyse du gradient rural/urbain.
Cet axe de recherche privilégie, d’une part, l’objectivation des liens, des continuités et discontinuités entre les différents espaces et, d’autre part, la construction des espaces d’actions publiques abordée sous l’angle des articulations ou des décalages avec les espaces fonctionnels. Les notions de proximité géographique, de proximité organisationnelle, de limites, de frontières, de conflits sont mobilisées.

Parmi les démarches révélatrices des recherches à développer en terme de prospective, nous pouvons citer le travail réalisé sur les « futurs péri-urbains », titre du programme national de prospective de la DIACT (2007-2008) piloté par Martin Vanier, Géographe à l’Université de Grenoble, et auquel a participé Dominique Royoux (un atelier a d’ailleurs été organisé à Poitiers en Mai 2008). Les travaux réalisés seront confrontés, pour les espaces périurbains, aux 5 scénarii élaborés :

– le péri-urbain digéré par l’urbain : ce scénario, illustré par la figure du corridor, prédit un renouveau de la continuité urbain, dans le cadre d’agglomérations « réversibles » qui mettent fin à l’étalement urbain dans le cadre de politiques plus favorables au développement compact durable.

– le péri-urbain libéré par le confort : ce scénario prône la tendance inverse au président, dans un cadre d’affaiblissement du contrôle public foncier. Il est incarné par la figure géographique de la nébuleuse

– le péri-urbain transformé par le conservatoire péri-rural : porteur de fortes ségrégations sociales impulsées par des populations cultivées et fortunées, il limite l’accès spatial à des activités valorisant fortement l’environnement naturel et forestier. le rivage en constitue la figure symbolique.

– le péri-urbain saisi par l’interterritorialité : axé sur la mise en place de politiques publiques de coordination robustes entre entités territoriales, il s’appuie sur la figure biologique du synaspe, du « lien entre des points névralgiques » comme garantie d’une meilleure efficacité stratégique et de gestion

– le péri-urbain réquisitionné par les villes-régions, complète l’axe 1 car il transforme le péri-urbain en réserve technique de l’agglomération renforcée.

La prospective pour les espaces périurbains est retenue ici comme exemple des démarches qui seront initiées pour les différents types d’espaces analysés.

RURALITES développera des recherches sur les politiques publiques et leurs impacts sur les dynamiques spatiales par l’étude : des référentiels techniques mobilisés, la compréhension de la genèse du portage de projet politique, le rôle des acteurs et les nouveaux modes de gouvernance dans les espaces ruraux des pays du Nord et du Sud.

 

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